Je puise mon imaginaire chorégraphique de mes rêves. Le lendemain, certaines images sont si claires dans ma tête, qu'il est facile pour moi de les recréer. J’attends toujours un peu. Si je vois que cette image perdure dans ma mémoire, je la construis. J’essaie le plus possible de respecter l’image de mon rêve: les couleurs, la morphologie du corps du personnage, par exemple. Je choisis donc l’interprète en fonction de cette image afin d’avoir la version la plus juste de celle rêvée.  

 

Physiquement, je cherche à déconstruire cette image par la contrainte. Socialement, je questionne ma contemporanéité.

 

Je m’intéresse aux réactions humaines face aux secousses de la vie et à la part de vérité dans le geste. Le mouvement devient alors une nécessité d’expression, une urgence de vivre malgré les contraintes, danser malgré tout. Et  je cherche à dévoiler ce qui se cache dans la tête quand les masques du corps tombent.

 

Je suis intéressée par cette dualité entre le « paraitre » et « l’être » et comment on peut chevaucher physiquement et visuellement de l’un à l’autre. Je suis très inspirée par le surréalisme des arts visuels, cinématographiques et littéraires où la juxtaposition d’images improbables amène une troisième lecture interprétative, puisée dans l’inconscience, de mes rêves dans mon cas.